
Créer une entreprise en Thaïlande avec un prête-nom : une fausse bonne idée
Créer une entreprise en Thaïlande attire de nombreux expatrié-e-s : restaurant, agence, activité touristique, commerce, immobilier, services ou business en ligne. Mais une erreur revient souvent : utiliser un prête-nom thaïlandais pour détenir 51 % des parts de la société.
Sur le papier, cela peut sembler simple. L’étranger garde le contrôle réel du projet, tandis qu’un ou plusieurs Thaïlandais apparaissent officiellement comme actionnaires majoritaires. En pratique, ce montage peut être très dangereux.
Le problème du prête-nom
Dans de nombreux secteurs, les étrangers ne peuvent pas exercer librement certaines activités en Thaïlande sans autorisation spécifique. Pour contourner ces restrictions, certains montent une société dont 51% des parts sont officiellement détenues par des Thaïlandais.
Mais si ces personnes n’ont pas réellement investi, ne participent pas à l’entreprise, ne prennent pas de risque économique et ne sont actionnaires que « sur le papier », elles peuvent être considérées comme des prête-noms. Ce n’est pas un simple détail administratif. C’est un risque juridique majeur.
51% thaïlandais ne veut pas dire 100% sécurisé
Beaucoup pensent qu’une société est automatiquement conforme dès qu’elle compte 51% d’actionnaires thaïlandais. C’est une erreur.
Les autorités peuvent regarder la réalité derrière les documents : qui a apporté l’argent ? Qui décide ? Qui reçoit les bénéfices ? Qui signe ? Qui contrôle les comptes bancaires ? Les actionnaires thaïlandais connaissent-ils vraiment l’activité ?
Si la société est thaïlandaise uniquement en apparence, le montage peut être remis en cause.
Des risques pour l’étranger et pour le prête-nom
Le danger ne concerne pas seulement l’investisseur étranger. Le prête-nom thaïlandais prend lui aussi des risques. En cas de contrôle, les conséquences peuvent être lourdes : amendes, poursuites, obligation de mettre fin au montage, blocage de l’activité, perte du droit d’exploiter, voire difficultés avec les visas ou permis de travail.
Pour l’entrepreneur étranger, il existe aussi un risque très concret de perdre le contrôle de son propre business. Si une personne détient officiellement 51% des parts, elle peut devenir un problème en cas de conflit, séparation, décès, dette, pression familiale ou changement d’intention.
Le vrai danger : croire que « tout le monde le fait »
L’argument le plus dangereux est souvent celui-ci : « beaucoup le font en Thaïlande ».
Même si certaines pratiques existent, cela ne les rend pas sûres. Les autorités thaïlandaises renforcent régulièrement les contrôles sur les sociétés utilisant des actionnaires de façade, notamment dans les zones touristiques et les secteurs sensibles. Un montage fragile peut fonctionner quelques mois ou quelques années, puis devenir un problème au moment d’un contrôle, d’une vente, d’un conflit entre associés ou d’une demande de permis.
Quelles alternatives ?
Avant de créer une société en Thaïlande, il faut consulter un avocat ou un cabinet sérieux. Selon l’activité, il peut exister des solutions légales : véritable partenariat avec un associé thaïlandais, licence spécifique, structure approuvée par les autorités, promotion BOI, ou autre montage conforme.
La bonne question n’est pas « comment avoir un Thaïlandais à 51% ? » mais plutôt « quelle structure est réellement légale pour mon activité ? ».
Conclusion
Utiliser un prête-nom pour créer une entreprise en Thaïlande est une stratégie risquée. Elle peut donner une impression de simplicité au départ, mais créer de gros problèmes ensuite. Un projet sérieux mérite une structure sérieuse. Avant d’investir, de signer un bail, d’acheter du matériel ou d’engager du personnel, il faut vérifier la légalité du montage avec un professionnel compétent. En Thaïlande, mieux vaut avancer moins vite, mais construire sur des bases solides.
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