Ouvrir un restaurant ou un bar en Thaïlande : les difficultés souvent sous-estimées

Ouvrir un restaurant ou un bar en Thaïlande les difficultés souvent sous-estimées

Beaucoup de personnes expatriées rêvent d’ouvrir un restaurant, un café ou un bar en Thaïlande. Le climat, le tourisme et le coût de la vie donnent parfois l’impression qu’il s’agit d’un projet simple et rentable. Pourtant, la réalité du terrain est souvent beaucoup plus complexe.

Chaque année, de nombreux établissements ouvrent… puis ferment quelques mois plus tard.

Des loyers commerciaux qui peuvent fortement évoluer

C’est l’un des pièges les plus fréquents. Dans certaines zones touristiques, les propriétaires augmentent régulièrement les loyers commerciaux lors du renouvellement des baux. En pratique, beaucoup de contrats sont négociés sur des périodes relativement courtes, souvent autour de 3 ans, même si cela peut varier selon les accords privés.

Le problème est qu’un établissement qui fonctionne bien devient rapidement dépendant de son emplacement : clientèle habituée au lieu, visibilité acquise et investissements déjà réalisés.

Le ou la propriétaire du local peut alors demander une forte hausse de loyer, un “key money” (droit d’entrée) plus important, ainsi que de nouvelles conditions moins avantageuses.

Certaines entreprises deviennent ainsi financièrement fragiles malgré un bon chiffre d’affaires.

Le recrutement et la gestion du personnel

Le personnel constitue un autre défi majeur. Même si la Thaïlande dispose de nombreux travailleur-euses dans la restauration, la qualité de la formation varie fortement selon les régions et les établissements.

Les difficultés fréquemment rencontrées : un turnover important, de l’absentéisme, des différences culturelles dans le rapport au travail, un niveau d’anglais variable, ainsi qu’un manque d’expérience dans certains standards occidentaux.

Former une équipe prend souvent beaucoup plus de temps que prévu. À cela s’ajoutent souvent de plus les contraintes administratives, les permis de travail ou encore les règles liées à l’emploi de personnel étranger.

La haute saison… et surtout la basse saison

C’est probablement le point le plus sous-estimé par les nouveaux entrepreneurs. Dans de nombreuses villes touristiques thaïlandaises, l’activité peut varier énormément selon les périodes de l’année.

Pendant la haute saison, les établissements peuvent être pleins. Les revenus paraissent alors excellents et l’optimisme est souvent très fort. Mais pendant la basse saison, la fréquentation chute parfois brutalement, les charges fixes continuent, les salaires restent à payer, et les loyers ne diminuent pas.

Beaucoup d’établissements survivent difficilement plusieurs mois avec une activité réduite.

Une concurrence extrêmement forte

Dans certaines zones, la concurrence est féroce. Il n’est pas rare de voir plusieurs bars identiques dans une même rue, des restaurants ouvrant puis fermant très rapidement, ainsi que des guerres de prix permanentes. Les marges deviennent alors très faibles.

Beaucoup de personnes sous-estiment également la rapidité avec laquelle les tendances changent en Thaïlande.

Les contraintes administratives et légales

Ouvrir un établissement implique aussi des licences, des autorisations locales, de fiscalité et de la comptabilité, des obligations liées à l’alcool, ou encore des normes sanitaires.

Certaines règles peuvent sembler floues ou évoluer selon les régions et les contrôles locaux.

Il faut aussi rappeler qu’une personne étrangère ne peut pas exercer certaines activités librement sans structure adaptée et permis de travail.

La fatigue et la réalité du quotidien

Beaucoup imaginent une vie détendue sous les palmiers. La réalité est souvent différente. La restauration demande une présence constante, des horaires très longs, une forte disponibilité, ainsi qu’une gestion quotidienne parfois épuisante.

De nombreux propriétaires finissent par travailler beaucoup plus qu’ils ne l’imaginaient.

Le piège du “c’est moins cher qu’en Europe”

C’est vrai pour certains coûts… mais pas pour tout. Dans les zones touristiques, certains loyers sont très élevés, les importations coûtent cher, l’électricité peut devenir importante, et les équipements professionnels restent coûteux.

Un projet mal préparé peut rapidement devenir déficitaire.

Conclusion

Ouvrir un restaurant ou un bar en Thaïlande peut être une aventure passionnante, mais certainement pas un projet à improviser.

Entre saisonnalité, concurrence, gestion du personnel et contraintes administratives, les difficultés sont nombreuses. La réussite demande généralement une solide préparation, des réserves financières, une bonne connaissance du terrain, et beaucoup de prudence.

La Thaïlande peut offrir de belles opportunités… mais elle ne pardonne pas toujours les projets trop optimistes.

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